Cette question nous invite à quitter temporairement le terrain de la science pour aborder celui de la philosophie. Entendons-nous d’abord sur ce qu’est une qualité. Selon Le Petit Larousse 2003, dans son troisième sens, le mot «qualité» désigne « ce qui fait le mérite, la valeur de quelqu’un sur le plan moral, intellectuel, etc. ». Une qualité correspond donc à ce qui rend une personne méritante, c’est-à-dire ce qui lui permet de montrer le meilleur d’elle-même, d’atteindre la maîtrise de ce qu’elle est, de se gouverner à l’intérieur des frontières du bien1 et d’atteindre sa perfection. L’absence de qualité dans sa personnalité aura forcément l’effet contraire, c’est-à-dire l’éloignera de la maîtrise de ses facultés, l’écartera de la route la menant à sa perfection, lui fera perdre le cap de son bien objectif. Tout ce qui n’est pas une qualité personnelle fait donc dériver la personne de son bien objectif. S’éloignant de ce dernier, elle ne peut plus trouver qu’un bien subjectif2.
À la lumière de ces informations, la question qui nous est posée devient donc : l’homosexualité conduit-elle la personne vers une plus grande maîtrise de ses facultés? Contribue-t-elle à perfectionner la personne? Si la réponse est « oui », on pourra dès lors affirmer que l’homosexualité est une qualité humaine. Toutefois, si elle a l’effet contraire, c’est-à-dire d’éloigner la personne de ce qui est objectivement son bien, il faudra se résoudre à conclure qu’elle n’est pas une qualité, mais un désordre.