4 – L’homosexualité est-elle le fruit d’un déséquilibre hormonal ?

Bien que l’hypothèse d’un déficit d’androgènes – tels que la testostérone – touchant spécifiquement les personnes homosexuelles ait été de nombreuses fois soulevée pour expliquer leur attirance envers les personnes de même sexe, l’étude scientifique sur le sujet réalisée en 1977 par West a rapidement éliminé cette supposition :

“Un déficit d’androgènes n’a pour effet chez l’homme adulte que de réduire la sensibilité et la réaction de l’appareil génital, de réduire le désir et éventuellement de produire l’impuissance sexuelle. Mais un tel déficit n’a pas l’effet d’abolir ou de modifier son orientation sexuelle1.”

L’étude de West réaffirme ce que, douze ans plus tôt, l’étude de Perloff avait conclu sur le même sujet: « L’homosexualité est purement un phénomène de nature psychologique, elle ne dépend pas de patterns hormonaux et ne peut pas être suscitée par des modifications des substances endocrines2.» Du reste, en 1994, le sociologue Steven Goldberg a de nouveau fait le point sur l’hypothèse du facteur physiologique responsable de l’homosexualité, concluant :

“Virtuellement toutes les évidences plaident en défaveur de la thèse d’un facteur physiologique déterminant qui serait à la source de l’homosexualité. Et je ne connais aucun chercheur qui croit qu’un tel facteur déterminant existe […]; de tels facteurs jouent un rôle de prédisposition, mais non de détermination. […] Je ne connais personne dans le domaine argumentant que l’homosexualité peut être expliquée sans faire référence aux facteurs environnementaux3.”

À nouveau, en 1996, le journal Impact Quotidien faisait le point sur la question :

“Bien qu’on ait trouvé une discrète augmentation de la testostérone chez les homosexuels et les transsexuels XX ainsi qu’une diminution de cette hormone chez un peu moins de 50 % des groupes homosexuels XY, il a été démontré que l’orientation et l’identité sexuelles n’étaient pas influencées par le statut hormonal à l’âge adulte. Différents auteurs ont testé l’hypothèse de la différentiation prénatale du cerveau. Mais l’éventualité d’une contribution hormonale prénatale au déterminisme de l’homosexualité, voire du transsexualisme, n’est pas tranchée. Il semble que les facteurs socio-éducatifs aient un rôle prédominant sur celui des facteurs hormonaux4.”

N.B. Données tirées d’études scientifiques, répertoriées dans l’ouvrage L’homosexualité: les mythes et les faits disponible dans notre section BOUTIQUE

  1. D. J. West, Homosexuality Re-examined. Minneapolis, MN, University of Minnesota Press, 1977, p. 65. []
  2. W. Perloff,  «Hormones and homosexuality», dans Sexual Inversion, ed. J. Marmor, New York, Basic Books, 1965, p. 68. []
  3. S. Goldberg,  When Wish Replaces Thought : Why So Much of What You Believe is False, Buffalo, NY, Prometheus Books, 1994, p. 62. []
  4. «Homosexualité et transsexualisme», Impact Quotidien, no 971, 20 novembre 1996. []