3 – L’homosexualité est-elle génétique ?

Une revue de la littérature dans le domaine de la physiologie démontre sans équivoque que les facteurs génétiques ne semblent pas jouer un rôle déterminant dans le développement de l’homosexualité. Aucun gène de l’homosexualité n’a jamais été découvert jusqu’à présent venant expliquer les pensées, les attraits et les comportements homosexuels1 .

Sur ce sujet, nous te suggérons de te procurer le reportage vidéo intitulé “Mise au point” qui fut diffusé lors de l’émission Découverte du 12 décembre 1999 à la télévision de Radio-Canada. Une transcription de ce reportage peut-être consultée en cliquant ici.

Il n’existe pas non plus de gène de l’hétérosexualité, du reste, ni de gène qui attirerait les petits garçons à devenir pompiers (les filles à être des princesses), ni de gène de l’habileté à chanter juste, à danser en suivant le rythme de la musique, à ne pas faire de faute de grammaire, à garer sa voiture en marche arrière, à maîtriser la programmation d’un magnétoscope (ou, dans l’ordre moral, de gêne de l’honnêteté, de la vaillance, de la fidélité conjugale ou du mensonge).

Personne ne semble être né avec ces caractéristiques; mais toutes semblent avoir été acquises à la suite d’un travail psychique individuel important auquel la personne a consenti afin d’intégrer son identité personnelle ou de conduire à maturité le développement de la faculté concernée (représentation de soi, chant, danse, écriture, coordination dans l’espace, représentation abstraite, amour).

Par ailleurs, un nombre sans cesse croissant de chercheurs se sont fait entendre pour discréditer l’hypothèse d’un bagage génétique qui commanderait l’orientation sexuelle d’une personne vers l’homosexualité2 . « L’orientation sexuelle n’est sous la tutelle directe ni des chromosomes ni des gènes […]; elle est influencée et est grandement dépendante de la socialisation postnatale3 .» « La théorie soutenant que la génétique est responsable de l’homosexualité a généralement été abandonnée de nos jours4 .» « Les évidences sont écrasantes à l’effet que les gènes ne causent pas l’homosexualité5 .»

Plus que la théorie du gène de l’homosexualité, la thèse selon laquelle le développement identitaire de l’enfant est modulé par des aptitudes et des difficultés personnelles qui varient d’un enfant à l’autre, mais surtout des expériences vécues qui sont appréhendées à travers le prisme de personnalités propre à chacun, apporte une réponse qui s’harmonise avec les données du réel. Cette thèse explique sans peine le fait que, dans des familles où naissent plusieurs enfants qui sont élevés ensuite par les mêmes parents, donc dans le même milieu familial, on en trouve qui chantent mieux que d’autres, qui deviennent plus honnêtes que d’autres, plus vaillants que d’autres et qui sont plus ou moins hétérosexuels que d’autres.

Le mythe des jumeaux identiques homosexuels…

Beaucoup d’espoir avait été placé dans l’analyse des jumeaux identiques (aussi appelés vrais jumeaux ou jumeaux monozygotes) afin de soutenir la théorie du gène de l’homosexualité. En effet, comme les jumeaux identiques sont produits par la division en deux zygotes d’un ovule fécondé, lors de son développement originel, ils ont la particularité singulière de partager tous deux un seul et même bagage génétique. Une recherche sur les jumeaux identiques se ferait donc en deux étapes : premièrement, dresser une liste de jumeaux identiques; deuxièmement, si l’un des jumeaux éprouve des attraits homosexuels, vérifier si son double génétique est dans la même condition.

Les espoirs ont vite été déçus! Les études ont révélé un très faible taux de concordance. La plus récente de ces études a été réalisée sur 49 paires de jumeaux identiques australiens dont au moins un des membres se disait homosexuel. Les résultats ont été publiés en mars 2000. Les chercheurs Dunne et Martin, dirigés par J. Michael Bailey – des pionniers dans la recherche sur les facteurs causant l’homosexualité –, n’ont été en mesure de trouver un frère jumeau homosexuel que dans trois des 27 paires étudiées, et une sœur jumelle lesbienne que chez trois des 22 paires analysées.

Les recherches ne se sont pas arrêtées là. Étendant leur analyse à 34 paires de jumeaux cette fois non identiques (jumeaux dizygotes6dont un des membres se disait homosexuel, les chercheurs n’ont pas été en mesure de trouver un seul frère jumeau homosexuel pour compléter la paire sur les dix-sept cas étudiés, tandis qu’une seule paire de sœurs jumelles lesbiennes a été trouvée sur les dix-huit paires considérées7. Ces résultats, plus que modestes, les forcèrent à réfuter les conclusions qu’ils avaient établies dans le passé, et où il était question de concordance significativement élevée.

Prédisposition et détermination

Si se donner involontairement un coup de marteau sur le pouce prédispose à la colère, le coup de marteau ne détermine pas automatiquement cette réaction du sujet. Ce qui la déterminera est l’état de sa volonté – entre autres la maîtrise sur sa vie pulsionnelle – et l’acquisition ou non d’une aptitude à canaliser, à sublimer la douleur, à élaborer une réaction qui demeure dans les limites du civisme. Il en va de même pour les gènes prédisposants. L’hypothétique découverte d’un gène de l’homosexualité n’affecterait guère la manière actuelle de considérer ce phénomène, selon le psychanalyste français Tony Anatrella :

La découverte d’un gène qui prédispose, par exemple, à une tendance ou à une pathologie ne signifie pas que celle-ci va se déclarer. Le gène n’agit pas seul. L’environnement, l’éducation, les événements qui marquent une existence, la façon dont le sujet résout ou pas ses conflits de base pour élaborer sa personnalité sont autant de facteurs qui vont contribuer à l’orientation de la personnalité8.

Un parallèle avec l’alcoolisme permet de s’en persuader. Bien que, de nos jours, on s’entende en général pour reconnaître l’influence que joueraient les prédispositions biologiques dans l’origine de l’alcoolisme, cette affection est néanmoins reconnue par tous comme une problématique personnelle et sociale. L’alcoolisme est d’ailleurs traité comme tel, les thérapies à caractère social (thérapies de groupe) et spirituel ayant les meilleurs taux de succès9. Personne n’aurait l’idée de faire de l’alcoolisme un idéal à atteindre en société à cause d’une prétendue origine génétique, et encore moins de répandre la notion que l’on ne peut quitter cette tendance10.

L’étude de Dean Hamer

Pour convaincre les non-spécialistes que les personnes homosexuelles sont nées ainsi, on a souvent cité l’étude de Dean Hamer réalisée en 1995. Toutefois, lorsqu’on analyse cette étude de plus près, on se rend compte qu’on a peut-être tenté de lui faire dire autre chose que ce qu’elle affirme. Lorsqu’on a demandé directement à Hamer si l’homosexualité avait ses racines seulement dans l’héritage biologique de la personne, le chercheur a répondu on ne peut plus clairement : « Absolument pas. À partir des études scientifiques menées auprès des jumeaux identiques, nous savons déjà que la moitié ou plus des caractères de l’orientation sexuelle ne sont pas hérités. Nos études essaient de découvrir des facteurs génétiques, […] pas de nier des facteurs environnementaux11

Selon l’état actuel des recherches et des expériences cliniques, les prédispositions biologiques qui sont susceptibles, sous l’influence d’un certain climat familial et social, de conduire un jeune garçon à ressentir éventuellement des attraits homosexuels sont :

Insistons à nouveau : ce n’est pas parce qu’un garçon possède ces traits qu’il est homosexuel. Alan Chambers, président de l’organisation Exodus et auteur du livre God’s Grace and the Homosexual Next Door, le rappelle : « J’ai toujours aimé faire de la décoration. J’aime magasiner. J’aime les vêtements… Je peux, d’un simple regard, deviner quel designer a confectionné un ensemble. Est-ce que cela fait de moi un homosexuel? Apparemment non, puisque j’aime toujours ces choses et je suis complètement hétérosexuel » (p. 216).

Chez la fillette, ces facteurs sont :

N.B. Données tirées d’études scientifiques, répertoriées dans l’ouvrage L’homosexualité: les mythes et les faits disponible dans notre section BOUTIQUE

  1. Voir Perloff (1965), West (1977), Birke (1981), Byne et Parsons (1993), Testart (1994), Banks et Gartrell (1995), Auffray (1996), Whitehead et Whitehead (1999), Bailey, Dunne et Martin (2000), Bearman et Bruckner (2002), Jones et Kwee (2005). []
  2.  Parmi ces voix se trouvent celles de Money (1987), de Master, Johnson et Kolodny (1985), de Jones et Yarhouse (2000) et de Karlen (1971), dont les travaux sont devenus un classique dans le domaine de la psychologie. []
  3. J. Money, «Sin, sickness or status? Homosexual gender identity and psycho-neuroendocrinology», American Psychologist 42, 1987, p. 384. []
  4. W. Masters, V. Johnson et R. Kolodny, Human Sexuality, 2e éd., Boston, MA, Little, Brown & Co., 1985, p.  411. []
  5. A. Karlen, Sexuality and Homosexuality : A New View, New York, W. W. Norton, 1971, p. 337. []
  6. Ils sont jumeaux puisqu’ils sont nés d’une seule et même grossesse, mais ils sont non identiques puisqu’ils ont été conçus à partir de deux ovules différents. Les jumeaux dizygotes ne partagent donc pas le même bagage génétique. []
  7. J. Michael Bailey, Michael P. Dunne et Nicholas G. Martin, «Genetic and environmental influences on sexual orientation and its correlates in an Australian twin sample», Journal of Personality and Social Psychology, mars 2000, vol. 78, p. 33. []
  8. Tony Anatrella, «Peut-on légitimer l’homosexualité?», Bulletin du secrétariat de la conférence des évêques de France, 18 décembre 1996, p. 5. []
  9. Joseph Nicolosi, Reparative Therapy Of Male Homosexuality : A New Clinical Approach, p. 10-11. []
  10. Bien que, dans notre société, la personne alcoolique soit aussi estimable et profite des mêmes droits absolus que la personne sobre, il demeure néanmoins que l’on ne peut raisonnablement faire de l’alcoolisme un idéal à poursuivre et à atteindre en société, comme l’est l’idéal de la sobriété. L’alcoolisme ne touche donc d’aucune manière la dignité de la personne. Par contre, ce sont les effets de l’alcoolisme (perte de contact avec le réel, perte de maîtrise de soi, altération de la personnalité, du jugement, des réflexes, dégradation du foie, etc.) qui ne sont pas équivalents, en termes d’excellence, à ceux de la sobriété, et cela justifie un traitement différent sur le plan des droits secondaires (qui ne sont pas fondamentaux) conférés aux hommes selon leurs comportements et leurs dispositions. []
  11. D. Hamer, «Gay genes, revisited : doubts arise over research on the biology of homosexuality», Scientific American, novembre 1995, p. 26. []