19- L’âge et le sexe du patient ont-ils un impact sur le taux de succès de la thérapie ?

Les témoignages de plusieurs psychologues, psychanalystes et sexologues confirment que, plus une personne a vécu longtemps l’homosexualité active, plus le sillon de l’homosexualité est creusé en profondeur dans sa vie psychique et pulsionnelle, et plus il sera difficile pour elle d’en sortir. Concrètement, si la personne cherche à obtenir de l’aide à 40, 45 ou 50 ans, elle fera face à de plus grandes difficultés qu’un jeune homme ou une jeune femme faisant la même démarche à 18, 20 ou 25 ans. Par contre, un jeune homme (ou une jeune femme) ayant eu de nombreux partenaires homosexuels, durant une période relativement courte, aura plus de difficultés à sortir de cette tendance qu’un homme (ou une femme) de cinquante ou soixante ans qui n’a fait qu’éprouver des attraits homosexuels – même si cela a duré une longue période de sa vie – sans avoir fait le saut vers l’homosexualité active.

Un autre facteur important est si la personne a, ou non, déjà éprouvé des épisodes d’attraits envers l’autre sexe durant son enfance ou sa jeunesse. À ce sujet, il vaut la peine de mentionner que, selon le docteur Joseph Nicolosi, il arrive qu’un client ne recouvre un tel souvenir qu’en cours de la thérapie, l’ayant auparavant refoulé afin de mieux se convaincre qu’il était né ainsi.

Fluidité de l’orientation sexuelle chez la femme

Autre facteur important, il est de l’avis de plusieurs chercheurs et thérapeutes, dont Janelle Hallman, que la fluidité de l’orientation sexuelle chez la femme est plus grande que chez l’homme1 . Ainsi, lorsqu’une femme cherche à rompre avec ses attraits homosexuels, les ajustements pour y parvenir avec succès seront plus faciles à intégrer qu’ils ne le seraient pour un homme placé dans des circonstances similaires.

Cela veut dire aussi qu’il est plus aisé pour une femme de faire la navette entre homosexualité et hétérosexualité que pour un homme2.  Cette caractéristique découle probablement de la proximité affective plus grande qui existe entre femmes dans notre société. Par exemple, lors d’un mariage, on n’aperçoit pratiquement jamais deux hommes danser ensemble, mais il est courant et anodin de voir deux femmes se tenir la main et la taille tout en dansant ensemble. Il y a donc, culturellement et socialement, une proximité corporelle et affective plus grande entre les femmes. Cette proximité relationnelle rend la glissade vers le lesbianisme plus aisé, et un retour vers l’hétérosexualité d’autant plus simple. Hallman souligne d’ailleurs qu’il n’est pas rare qu’une femme soit passée du lesbianisme à l’hétérosexualité sans recours à une aide thérapeutique.

Autre point sur lequel les hommes diffèrent des femmes, selon ses observations cliniques : « Les hommes ont généralement tendance à exprimer leur sexualité en mettant beaucoup plus d’emphase que les femmes sur la composante comportementale de la sexualité. […] Les femmes ont généralement tendance à exprimer leur sexualité en mettant de l’emphase sur la qualité ainsi que sur la nature de leur connexion relationnelle3

N.B. Données tirées d’études scientifiques, répertoriées dans l’ouvrage L’homosexualité: les mythes et les faits disponible dans notre section boutique.

  1. Voir sur ce sujet: Handerson (1984), Dixon (1985), Sophie (1986), Nichols (1988b), Lippa et Arad (1997), Diamond (1998-2000), Schecter (2004) et Kinnish, Strassberg et Turner (2005). []
  2. Diamond (1998, 2000), Nichols (1988b), Schechter (2004), Sophie (1986). []
  3. Janelle Halmann, «On Helping Women With Same-sex Attractions», NARTH Bulletin, vol. 13, no 1, avril 2005, p. 34. []