18 – Quel est le taux de succès des thérapies de réorientation de l’identité sexuelle ?

Lorsque les organisations promouvant l’homosexualité se retrouvent devant le témoignage crédible d’un ex-gai, plutôt que d’admettre qu’il est possible de changer, certaines n’émettent aucun commentaire, d’autres se réfugient dans le déni, d’autres encore se replient sur l’analogie boiteuse du gagnant à la loterie, affirmant qu’il y a aussi peu de chance de sortir de l’homosexualité que de gagner le million à la loterie… Quelle crédibilité doit-on donner à cette dernière affirmation ? Ceux qui parviennent à être libérés de leurs attraits envers le même sexe sont-ils aussi rares que les gagnants à la loterie ?

En entrevue, le docteur Marie-Paul Ross (de l’IDI) nous a affirmé connaître un taux de succès de 80 % dans le traitement de ce qu’elle appelle les « faux homosexuels », c’est-à-dire les personnes qui ont des désirs ou des pratiques homosexuels, mais ayant éprouvé, durant leur enfance, des épisodes d’attraits hétérosexuels.

Est-ce que 80% des joueurs de loterie remportent le gros lot ?

De son côté, le docteur Joseph Nicolosi, dans son travail auprès des personnes homosexuelles de profil réactionnel (facteur paternel) observe qu’un tiers de ses patients ne constatent aucun changement dans la direction de leurs attraits sexuels; un tiers constatent des améliorations significatives; et un dernier tiers constatent non seulement le redressement, mais une réorientation de leurs attraits vers l’hétérosexualité. Pour ce qui est du dernier tiers, il précise :

“Nous ne voulons pas prétendre que le client n’aura plus jamais de pensées ou de désirs homosexuels, mais que, si ces attraits se présentent à nouveau, nous croyons qu’ils surgiront moins fréquemment, avec moins d’intensité, et que, surtout, le client comprendra d’où ils proviennent1.”

Le succès de la thérapie conduit l’ex-gai dans une situation similaire à celle de l’ex-alcoolique ou de l’ex-toxicomane. Tout comme ceux-ci, il peut retrouver une grande satisfaction dans la vie sociale, dans ses nouvelles relations hétérosexuelles, mais il doit demeurer vigilant et reconnaître les facteurs qui sont susceptibles de lui faire amorcer une glissade vers ses anciennes habitudes. Il doit alors recourir aux outils qu’il a appris à utiliser en thérapie pour détecter ce qui cause cet appétit soudain de connexion émotionnelle avec le même sexe puis retourner à un état de bien-être avec soi dans sa nouvelle manière de vivre, jugée davantage génératrice de paix intérieure.

Une analyse des résultats obtenus par quatorze psychologues et psychiatres, experts en traitement de l’homosexualité, effectuée en 1996 par le docteur Jeffrey Satinover2, révèle que :

  1. le taux de succès varie de 37% à 82%;
  2. « Toutes les données actuelles suggèrent fortement que l’homosexualité n’est pas une fatalité » (p. 187);
  3. une étude réalisée par Masters et Johnson en 1984 signala un «taux de succès de 65% après un suivi des patients sur une période de 5 ans » (p. 187).

L’étude la plus récente sur le sujet est celle de Jones et Yarhouse réalisée au milieu des années 2000. Elle a fait l’objet de la publication d’un livre en 2007. Elle conclut à un taux de succès de 38%. Les analyses complètes et finales ont été publiées en 2009.

En tout, 23 études portant sur le succès de ce genre de thérapies ont été publiés jusqu’ici :

  1. Jones et Yarhouse, Ex-Gays? A Longitudinal Study, InterVarsity Press, 2007.Trente-trois sujets sur 98 ont au moins fait l’expérience d’un changement vers l’hétérosexualité, et même se considèrent maintenant hétérosexuels.
  2. Shidlo et Schroeder, Professional Psychology: Research and Practice, 2002. Quatorze sujets sur 202 faisant la même expérience.
  3. Nicolosi, Byrd et Potts, Psychological Reports, 1997 (573 sujets sur 882).  
  4. Berger, American Journal of Psychotherapy, 1994 (un sujet).
  5. MacIntosh, Journal of the American Psychoanalytic Association, 1994
    (276 sujets sur 1215). 
  6. Golwyn et Sevlie, Journal of Clinical Psychiatry, 1993 (un sujet).
  7. Schechter, International Forum of Psychoanalysis, 1992 (u).
  8. Van den Aardweg, On the Origins and Treatment of Homosexuality, 1986 (37 sujets sur 101).
  9. Schwartz et Masters, American Journal of Psychiatry, 1984 (35 sujets sur 54).
  10. Pattison et Pattison, American Journal of Psychiatry, 1980 (11 sujets sur 11).
  11. Birk, Homosexual Behavior: A Modern Reappraisal, 1980 (18 sujets sur 29).
  12.  Masters et Johnson, Homosexuality in Perspective, 1979 (29 sujets sur 67).
  13.  Socaridies, Homosexuality, 1978 (20 sujets sur 45).
  14.  Callahan, Counseling Methods, 1976 (un sujet).
  15.  Freeman et Meyer, Behavior Therapy, 1975 ().
  16.  Canton-Dutari, Archives of Sexual Behavior, 1974 (44 sujets sur 54).
  17.  Birk, Journal of Sex and Marital Therapy, 1974 (14 sujets sur 66).
  18.  Liss et Weiner, American Journal of Psychotherapy, 1973 (un sujet).
  19.  Barlow et Agras, Journal of Applied Behavior Analysis, 1973 (deux sujets).
  20.  Pittman et DeYoung, International Journal of Group Psychotherapy, 1971 (3 sujets sur 6).
  21.  Truax et Tourney, Diseases of the Nervous System, 1971 (20 sujets sur 30).
  22. Hatterer, Changing Homosexuality in the Male, 1970 (49 sujets sur 149).
  23. McConaghy, British Journal of Psychiatry, 1970 ().

Les thérapies ne sont pas infaillibles

Évidemment, si 37 à 82% des thérapies se concluent par une correction positive des attraits sexuels non désirés, cela ne représente pas un taux de succès de 100%. Un certain nombre de patients n’atteignent pas les objectifs qu’ils s’étaient fixés au départ et repartent déçus. Cette réalité n’est pas nouvelle. Elle est associée, en général, à tous les autres champs thérapeutiques de croissance personnelle. On l’observe dans le domaine de l’aide envers les alcooliques, les toxicomanes, les fumeurs et les joueurs compulsifs, etc.

Si la plupart des thérapies se concluent par la satisfaction du participant, le résultat inverse survient également à quelques occasions. Doit-on donc, parce que certaines personnes n’obtiennent pas les améliorations attendues, condamner l’ensemble des efforts visant à aider les personnes homosexuelles malheureuses? C’est un jeu auquel s’adonne régulièrement le lobby gai, soutenu souvent par des médias qui, au lieu de présenter un tableau honnête de la situation, n’en révèlent qu’une seule  face, la plus sombre, livrant au public une information biaisée sur le sujet. L’article «Les thérapies pour “guérir” de l’homosexualité dénoncées», paru dans le journal La Presse à l’été de 2007, illustre bien cette pratique. Dans cet article, le journaliste présente le témoignage de John Hansen (c’est d’ailleurs le seul que nous pourrons lire dans l’article). Cette personne ressentant des attraits envers le même sexe, après avoir trouvé un thérapeute sur Internet et participé à une thérapie de restauration en groupe, a été agressé physiquement (non sexuellement) par l’un des participants. À cause de cette mésaventure, il a mis abruptement fin à sa thérapie. Depuis, il dénonce ce secteur d’activité en général. Aucun témoignage d’une autre personne ayant, au contraire, suivi une thérapie fructueuse n’est là pour équilibrer le tout… Le journaliste enchaîne en présentant Exodus International :

“Se targuant d’être le plus important mouvement «d’ex-gais» aux États-Unis, Exodus International soutient que l’homosexualité est une condition qui peut être surmontée. […] Le groupe a été créé en 1976. Le premier scandale au sein de l’organisation est survenu trois ans plus tard, quand deux de ses fondateurs sont tombés amoureux l’un de l’autre et ont quitté le groupe.”

Aucunes statistiques sur le nombre de personnes que l’organisme a réussi à sortir de l’homosexualité ne sont fournies. Aucun autre organisme d’aide aux personnes homosexuelles malheureuses n’est porté à l’attention du lecteur. Seule une anecdote touchant la rechute de deux des fondateurs de cet organisme, qui, par ailleurs, continue à fournir une aide appréciée par des milliers d’ex-gais depuis plus de 30 ans, est divulguée.

Cela laisse perplexe. Cette façon de renseigner le lecteur est-elle honnête, équitable? Ne semble-t-elle pas teintée d’un manque d’objectivité? Par analogie, serait-il juste de condamner les efforts visant à aider les personnes alcooliques à atteindre la sobriété en s’attardant au fait que certains fondateurs des centres d’aide connaissent parfois des rechutes vers l’alcoolisme?

On ne sort pas de l’homosexualité en claquant des doigts. La correction des attraits homosexuels non désirés ne survient pas comme par magie. Elle nécessite du temps, du travail et avant tout du courage, de la volonté, une capacité de réaménager sa représentation de soi et sa manière d’être afin de mieux entrer en contact avec soi, ses blessures et ses complexes. De la même façon qu’il est plus facile de régler une dispute de couple en séparant les conjoints pour de bon, les amenant ainsi à fuir la source de leurs problèmes plutôt qu’à les affronter dans le cadre d’une thérapie de couple visant à déterminer les blessures, les besoins de chacun, et à travailler à remettre le couple sur pied, il est également plus aisé pour la personne aux prises avec des attraits homosexuels non désirés de capituler, de se dire « née homosexuelle » et de faire son coming out, que de chercher à comprendre d’où proviennent ses attraits afin de pouvoir les surmonter.

Il vaut la peine de souligner que le taux de réussite des personnes qui tentent de cesser de fumer par eux-mêmes n’est que de l’ordre de 5 %, après un an, selon l’Institut national de santé publique3. Celui des usagers du tabac qui s’appuient sur un programme de prévention de l’État pour y arriver ne dépasse guère les 25 %4. Il semble donc plus facile pour une personne homosexuelle entrant en thérapie en étant motivée de rallier l’hétérosexualité d’atteindre cet objectif, qu’à un fumeur de quitter le tabagisme, même s’il est motivé et soutenu par des programmes gouvernementaux…

Cela étant, compare-t-on un ex-fumeur à un gagnant de loterie, cherchant ainsi à dissuader les fumeurs de tenter d’écraser pour de bon?

N.B. Données tirées d’études scientifiques, répertoriées dans l’ouvrage L’homosexualité: les mythes et les faits disponible dans notre section BOUTIQUE

  1. Extrait d’une entrevue téléphonique réalisée le 9 mai 2006. []
  2. Jeffrey Satinover, Homosexuality and the Politics of Truth, Baker, 1996. []
  3. Institut national de santé publique, Guide des intervenants. L’intervention tabagique dans les centres d’abandon du tabagisme, 2005. []
  4. Le taux de cessation tabagique, avec un counseling individuel ou de groupe, selon le temps et le nombre de rencontres, varie de 11,3 % (counseling bref de 1-3 minutes) à 25,5 % (counseling de plus de 300 minutes)  (Institut national de santé publique, Guide des intervenants. L’intervention tabagique dans les centres d’abandon du tabagisme, 2005). []