16 – En quoi consistent les thérapies de réorientation de l’identité sexuelle ?

Pour dissuader les personnes homosexuelles malheureuses de chercher de l’aide afin de sortir de l’homosexualité et de rallier l’hétérosexualité, le lobby gai a souvent utilisé la tactique extrêmement regrettable de prétendre que l’on recourt à des électrochocs, à la pratique de la lobotomie ou de la castration pour « forcer » le redressement de leur tendance sexuelle. A-t-on besoin de le préciser… il n’en est rien!

Rappelons-le: dans la plupart des cas, « la condition homosexuelle n’implique pas des désirs anormaux, mais des désirs normaux qui ont anormalement été laissés en plan durant le processus de croissance1». Ces désirs d’amour, d’affirmation et d’approbation de la part du parent du même sexe, laissés à vif, éventuellement refoulés, sont ce qui suscite, depuis l’arrière-conscience de l’individu, la pulsion réparatrice qui se présente sous l’aspect d’attraits homosexuels. Ils sont ce qui fait ressentir à l’homme homosexuel que la femme n’est pas l’objet complémentaire à sa recherche d’équilibre. En d’autres mots, ces désirs problématiques le maintiennent enlisé dans l’étape de la préadolescence où le jeune cherche à conforter ses besoins d’affiliation auprès des hommes.

Pour sortir de cette phase transitoire et compléter la construction de son identité sexuelle subjective, la personne homosexuelle doit arriver à :

  1. démanteler le mécanisme du détachement défensif qui brouille ses relations avec les individus de son sexe;
  2. satisfaire les désirs d’affection, d’affirmation et d’approbation, de la part des personnes du même sexe, qui n’ont jamais été comblés depuis l’enfance;
  3. installer proprement l’interdit de la similitude sexuelle dans son psychisme, ce qui revient à apprendre à donner une plus-value à l’autre sexe;
  4. apprendre à s’identifier à son corps plutôt que de le rejeter.

 

Ces quatre objectifs sont ceux que poursuivent les thérapies de réorientation.

Ces quatre objectifs sont ceux que poursuivent les thérapies de réorientation. Ces thérapies utilisent la méthode classique de la session de consultation d’environ une heure, en privé, avec le thérapeute, selon les besoins et les moyens du client. À cette méthode s’ajoute parfois une thérapie de groupe, périodique, où le thérapeute, assis au milieu d’un petit groupe de personnes homosexuelles, hommes ou femmes, dirige les conversations. Ce type de rencontre doit aider les participants à démasquer et à comprendre les mécanismes communs qui ont engendré leur attirance vers le même sexe. La thérapie de groupe permet également aux anciens membres de partager avec les nouveaux les moyens qu’ils ont mis en œuvre avec succès pour renforcer l’image qu’ils se font de leur masculinité (ou de leur féminité dans le cas des femmes) et améliorer leur sentiment de compétence. L’exercice les aide aussi à acquérir des compétences dans la construction de relations interpersonnelles non érotiques et enrichissantes avec leurs semblables, auprès desquels ils peuvent ensuite puiser ce qui comblera leurs déficits intrapsychiques (affection, affirmation et approbation).

Deux grandes classes

Il existe des thérapies de réorientation à caractère spirituel, et des thérapies de réorientation à caractère laïque. Les premières – qui ont certaines similitudes avec ce que proposent les centres d’aide aux personnes alcooliques ou toxicomanes (Alcooliques anonymes et Toxicomanes anonymes) – s’appuient sur la vie spirituelle du client, en particulier sur ses croyances religieuses, pour entamer un réaménagement de sa représentation de soi dans le but d’harmoniser ses comportements futurs avec ses valeurs spirituelles. Ce processus implique généralement un retour sur la vie passée du client pour lui permettre de guérir des blessures à l’âme qui l’affectent toujours. Il aide aussi la personne à décoder ce qui se vit à l’intérieur d’elle-même ainsi qu’à démasquer le contexte émotionnel susceptible de faire apparaître les attraits et de provoquer des comportements homosexuels. Les rencontres se concluent souvent par un temps de prière où on demande à Dieu la grâce d’une restauration de la personne. Ce sont les thérapies born again, comme on les qualifie souvent dans les milieux chrétiens.

La deuxième grande catégorie de thérapies est non spirituelle. Elle n’exige donc pas du client qu’il adhère à quelque croyance religieuse que ce soit ou à une spiritualité quelconque. Ces thérapies s’appuient sur les grands principes de la psychologie ainsi que sur la capacité naturelle du client à travailler sur lui-même lorsqu’il est animé d’un véritable désir d’augmenter son bien-être personnel.

Concrètement, le thérapeute amène son client non pas à supprimer, dénier ou rejeter ses attraits homosexuels, mais plutôt à leur faire face à la lumière de la vérité; cela permet de définir les contextes émotionnels et relationnels dans lesquels ses attraits surgissent puis, éventuellement, de comprendre ce qu’ils signifient.

Sur un autre front, le thérapeute examine avec le client les conséquences positives et négatives qu’ont eues les événements de son passé sur sa vie personnelle consciente et inconsciente, comment ces événements peuvent continuer à exercer une certaine influence sur sa vie actuelle, et comment désengager ces mécanismes inconscients pour que lui soit rendue une plus grande liberté dans l’exercice de son autodétermination2.

Enfin, la thérapie peut aussi embrasser le domaine émotionnel et comporter une période de travail corporel (body work) très efficace pour permettre au client de revisiter les expériences de honte passées, en lien avec son identité sexuelle; ces expériences qui l’ont blessé et dont il n’a souvent jamais eu l’occasion de dissiper la douleur. Le client a alors la chance de mettre le doigt sur les manques qui l’ont empêché, durant son enfance, de bien commencer la construction de sa masculinité (ou sa féminité, dans la cas d’une cliente) et de faire le deuil de ce qu’il a perdu à cause de ces erreurs dont il a été victime dans le passé.

Certains types de thérapies exigent aussi que le client et le thérapeute soient tous deux du même sexe, ce qui ajoute à la fonction du thérapeute la position symbolique d’être un membre de l’univers sexuel du client : une position très pratique lorsqu’il aborde le sujet difficile de l’intégration de l’identité sexuelle de ce dernier et de la non-érotisation des relations.

Le cœur de la thérapie est donc de permettre au client de connaître réellement qui il est, même après qu’il a vécu de nombreux échecs, d’arriver au désengagement de certaines habitudes qui créent des conflits dans sa vie psychique, et de leur substituer de nouvelles, plus génératrices d’un bien-être personnel. Le but « n’est pas de lui remettre ses expériences sur le nez, mais de lui permettre d’en pénétrer la signification. Cela le conduit à voir au-delà de l’image érotisée de la personne du même sexe qu’il se fabrique – icône d’une partie de son identité manquante – et à commencer à répondre adéquatement à ses besoins d’attachement envers le même sexe qui représentent son envie la plus profonde3

Les bénéfices qu’apportent les thérapies de restauration sont nombreux. Plusieurs études les ont examinés. Parmi ceux-ci, on note :

  • une augmentation de la conscience de soi;
  • une stabilité ainsi qu’une croissance émotionnelles;
  • un sentiment accru de confiance, d’espoir et d’appartenance;
  • une structure de croyance rénovée;
  • une confiance en soi et une affirmation personnelle améliorée;
  • une habileté accrue à faire face aux situations;
  • des relations interpersonnelles améliorées à la fois avec les personnes du même sexe et avec celles du sexe opposé;
  • une diminution des pensées et des comportements compulsifs;
  • une diminution des attraits envers le même sexe;
  • et une foi plus ferme en Dieu4.

À éviter…

Malheureusement, pendant longtemps, des individus connaissant peu la condition homosexuelle ont cru à tort que les personnes aux prises avec des attraits homosexuels, pour arriver à érotiser l’autre sexe, pour « guérir » de leur homosexualité, n’avaient qu’à se lancer dans l’activité hétérosexuelle. Il est important de réaffirmer, à la suite de Moberly, que, dans les cas où l’homosexualité est issue du détachement défensif, « des tentatives de relations hétérosexuelles ne sont pas la solution à l’homosexualité, puisque le sexe opposé ne peut rien faire pour combler des déficits affectifs, émotionnels et relationnels avec le même sexe5». C’est la participation à des relations d’affection non érotique avec des personnes du même sexe, à des amitiés riches, tendres et pures, qui est le processus naturel de restauration. C’est fondamentalement de faire l’expérience d’une connexion émotionnelle intime et droite avec la personne du même sexe que soi :

La solution au problème de la condition homosexuelle n’est pas l’activité sexuelle. Malheureusement, la pure abstinence a longtemps été considérée à tort comme une solution, sans réaliser qu’elle ne tient pas compte des besoins légitimes en jeu, qui ne doivent pas être ignorés6.

Quant aux électrochocs, cette méthode de traitement principalement utilisée durant les années 1960 – tout comme la castration et la lobotomie – et présentée comme prometteuse pour soigner des dépressions graves ainsi que certaines psychoses, a depuis été abandonnée, s’étant révélée peu efficace.

N.B. Données tirées d’études scientifiques, répertoriées dans l’ouvrage L’homosexualité: les mythes et les faits disponible dans notre section BOUTIQUE

  1. Elizabeth R. Moberly, Homosexuality: A New Christian Ethic, Cambridge, James & Co. Ltd., 1983, p. 18. []
  2. Dans son livre Healing Homosexuality, le docteur Joseph Nicolosi présente des cas types d’hommes malheureux d’être aux prises avec des attraits homosexuels persistants et qui ont pu accéder à l’hétérosexualité à la suite d’une thérapie de réorientation à caractère laïque (Joseph Nicolosi, Healing Homosexuality, 1993, Lanham, Jason Aronson). []
  3. Joseph Nicolosi, The Paradox Of Self-Acceptance, 11 mars 2009, Site web de NARTH : www.narth.com/docs/paradox.html. []
  4. Schaffer, Nottebaum, Smith, Dech et Krawczyk (1999), Nicolosi, Byrd et Potts (2000a, 2000b), Shaeffer, Hyde, Kroencke, McCormick et Nottebaum (2000), Shidlo et Schroeder (2002), Trockmorton (2002), Spitzer (2003), Beckstead et Morrow (2004), Jones et Yarhouse (2007). []
  5. Elizabeth R. Moberly, op. cit., p. 21. []
  6. Idem. []