15 – Ceux qui questionnent l’homosexualité ne sont-ils pas, au fond, des personnes qui ont peur d’être elles-mêmes homosexuelles ?

Répondre à cette question nous invite d’abord à rappeler certaines données de la psychologie humaine.

Les gens, en général, ont tendance à traverser la rue ailleurs qu’aux intersections, ou à ne pas attendre que le feu pour piétons tourne au vert avant de traverser. « Traverser la rue aux intersections », ou « attendre que le feu pour piétons tourne au vert avant de traverser la rue » ne sont pas des comportements innés, mais des comportements acquis, le fruit d’un travail personnel sur ses pulsions. Celui qui adopte ces comportements cherche soit à réaliser le bien commun, soit à respecter les lois civiles par conformisme plat. Dans le premier cas, il s’agit de comportements purement altruistes. Mais ce qui se trouve naturellement à l’intérieur de tous les êtres humains, sans exception, c’est la pulsion de « traverser où cela me plaît », de «  ne pas avoir à attendre le feu vert ». D’instinct, tous les hommes sont donc mus par un élan intérieur les prédisposant à accomplir des gestes égoïstes plutôt qu’altruistes. Cependant, la majorité des hommes apprennent à sculpter cette pulsion, à la travailler, à la subordonner à des valeurs supérieures afin d’empêcher qu’elle ne se matérialise telle qu’elle.

Ce qui leur permet de procéder à ce travail de raffinement de leurs pulsions, ce sont les valeurs personnelles auxquelles ils sont attachés, notamment l’altruisme, qu’ils désirent voir diriger leur vie pulsionnelle, afin de ne pas être esclaves de leur instinct.

Notre instinct nous incline tous – par des pulsions qui émergent en nous et que nous ne choisissons pas – à poser des gestes égoïstes, qui ne respectent pas toujours les autres, qui ne tiennent pas compte de ce qui est le plus excellent pour nous garder en vie et en santé,  pour nous ouvrir à la diversité et pour nous intégrer efficacement dans notre communauté immédiate. Par exemple, il sera toujours plus attirant de manger du gâteau au chocolat plutôt qu’une salade de fruits. Il sera toujours plus attirant de traverser la rue n’importe où, ou de ne pas attendre que le feu pour piétons tourne au vert, plutôt que de faire le pied de grue à une intersection, devant un feu rouge. Mais agir de la sorte ne contribue ni à nous garder en santé, ni à nous amener vers la maîtrise de soi, ni à nous socialiser, c’est-à-dire à nous faire entrer en dialogue avec le monde et à nous attirer le respect et l’admiration de nos concitoyens.

L’hétérosexualité n’est pas innée. Il s’agit d’une manière d’élaborer ses pulsions sexuelles de façon à respecter une caractéristique qui nous est imposée par la nature, qui ne changera donc jamais : on est sexué homme ou femme (et non les deux en même temps, et on n’est pas non plus du sexe que l’on souhaiterait être). Des individus expriment leur désarroi lorsque après avoir consulté les données de la QUESTION 9, ils constatent que certaines personnes ne tiennent pas compte de cette donnée du réel, que des hommes et des femmes rejettent ce qui serait le plus excellent pour eux en matière de choix de partenaire sexuel (pour leur santé corporelle et mentale, pour l’actualisation de toutes leurs potentialités humaines, pour l’atteinte de leur maîtrise personnelle et pour les ouvrir à la diversité) : cela n’est certainement pas une peur d’être homosexuel, mais plutôt une peur de ce que deviendrait le monde si l’on cessait de tenir compte de la réalité!

Au départ de notre vie consciente, nous sommes tous en proie à l’égoïsme. Continuellement, à toutes les étapes de notre vie, nous devons refaire ce constat et renouveler le choix de renoncer à nos instincts morbides. Le désarroi exprimé envers l’homosexualité affirme simplement que, là où l’on vit en société, c’est la raison humaine qui doit être souveraine et non les pulsions humaines.

N.B. Données tirées d’études scientifiques, répertoriées dans l’ouvrage L’homosexualité: les mythes et les faits disponible dans notre section BOUTIQUE