11 – L’homosexualité est-elle une maladie ?

La personne homosexuelle malheureuse n’est pas « malade » au sens propre du terme. En tout cas, elle ne l’est pas plus que le chanteur qui fausse, le danseur qui ne suit pas le rythme de la musique ou le conducteur incapable de stationner à reculons. Penserait-on guérir celui qui chante faux en l’admettant à l’hôpital? Toutes ces réalités sont plutôt des mésadaptations.

Freud lui-même ne considérait pas l’homosexualité comme une maladie. Dans une lettre qu’il adressait à la mère d’un jeune homme homosexuel, il lui explique :

L’homosexualité n’est évidemment pas un avantage, mais il n’y a là rien dont on doive avoir honte, ce n’est ni un vice ni un avilissement, et on ne saurait la qualifier de maladie; nous la considérons comme une variation de la fonction sexuelle, provoquée par un arrêt du développement sexuel1.

Rappelons-le, dans la plupart des cas, ce trouble est ressenti subjectivement par la personne homosexuelle malheureuse :

Il n’est donc pas approprié de chercher à « guérir » une personne de sa tendance homosexuelle, puisque cette tendance n’est pas une maladie. On peut cependant l’aider à développer son potentiel hétérosexuel si c’est son choix. Si l’œil voit mal durant la nuit, ce n’est pas qu’il est malade, c’est que la lumière manque.

  1. Lettre de Freud à la mère d’un homosexuel venue lui demander conseil. Citée par E. Jones, La vie et l’œuvre de S. Freud, tome 3, Paris, P.U.F., 1969, p. 223. []