1. Qu’est-ce que l’homosexualité ?

De la même manière que la chenille deviendra un jour un papillon, que sa destinée n’est pas de ramper par terre à jamais, l’homme est appelé à un destin fascinant. Dans sa jeune enfance, il découvre d’abord comment ramper, mais un jour il pourra marcher, courir et même danser… C’est ce qu’il est capable d’accomplir si ses facultés motrices se développent jusqu’à leur plein potentiel.

Ainsi en est-il dans le développement de l’identité sexuelle de l’enfant. Au départ le jeune enfant est inconscient de l’existence des sexes masculin et féminin dans ce qu’ils signifient en profondeur. Il perçoit les différences sexuelles comme des caractéristiques aussi banales que la couleur des yeux, des cheveux ou les différences de taille. On peut donc dire qu’à ce stade de sa vie consciente, stade que l’on peut qualifier d’initial, le jeune enfant, dans sa représentation de soi, est « asexuel », en ce sens aussi qu’il peut se représenter identitairement (en opposition à corporellement) dans un sexe ou dans l’autre, selon les influences de son environnement.

À un certain âge, l’enfant réalise finalement que le fait d’être un homme ou une femme a, dans la société, une signification et une importance tout autre que celles qu’il avait d’abord imaginées, qu’être un homme ou une femme commande une manière particulière d’agir. Le petit garçon se ressent alors incompétent à discerner cet agir puisque, n’ayant pas encore un corps d’homme mûr, il ne sait distinguer correctement ni ne comprend le bien-fondé des comportements qu’on lui enjoint dorénavant d’adopter afin « d’agir comme un homme ». Ce sentiment d’incompétence suscite bientôt en lui une certaine angoisse. Dans l’espoir de calmer cette angoisse, il se campe un certain temps dans le fantasme de l’androgynie. Il tente ainsi de se convaincre qu’il sera les deux : à la fois un homme et une femme.

Mais au fur et à mesure qu’il prend conscience des limites qui le définissent, il rejette graduellement ce rêve impossible et s’engage dans l’observation vigilante des comportements de son père et des hommes de son entourage afin de comprendre sa propre identité masculine, de l’accepter et de lui donner du relief. À cette étape, son intérêt affectif devient, pour ainsi dire, « homosexuel » : il cherche à approfondir son lien avec son père ainsi qu’à recevoir son affection, son attention et son approbation.

Tranquillement, si ses parents et son entourage l’aident adéquatement, le valorisent dans ses progrès, ne le ridiculisent pas dans ses balbutiements et ses égarements, s’ils le guident respectueusement et avec constance dans ce processus difficile, et si, simultanément, dans les comportements de sa mère, la masculinité de son père est valorisée, célébrée, la construction de son identité masculine s’effectuera normalement.

L’hétérosexualité découle d’une identité sexuelle bien intégrée

Si le garçon est confortable dans son identité masculine, lors de sa puberté il se sentira poussé à s’unir au sexe opposé, il se tournera vers la femme pour aménager non plus sa masculinité (ce que seul un homme peut lui révéler), mais son humanité (ce que l’autre sexe apporte de complémentaire à notre identité). Dans le regard d’une femme désirant de plus en plus le côtoyer pour se délecter de sa masculinité, il trouvera une agréable confirmation que sa masculinité est bien réelle, bien perçue, qu’il l’assume bien, qu’il l’a bien intégrée en lui et qu’elle se coordonne bien à la féminité de sa partenaire. Cela viendra calmer les résidus d’angoisse, qui pourraient avoir subsisté en lui, d’être un homme incompétent.

Le processus normal de l’intégration de l’identité sexuelle conduit donc l’enfant à « migrer » consécutivement à travers trois phases affectives

1. l’asexualité (stade initial et transitoire);
2. l’homosexualité (stade relais, médian et transitoire);
3. l’hétérosexualité (caractère définitif, stade final correspondant à l’identité sexuelle parvenue à maturité).

Des traumatismes qui font dévier la trajectoire

Il arrive toutefois, lors du développement de l’enfant, que des réalités agissent comme des obstacles qui viennent altérer sa progression, ralentir son parcours, l’enliser dans un stade transitoire ou l’obliger à régresser à un stade antérieur. Ce sont, par exemple :

• une séparation précoce et prolongée entre le bébé et sa mère survenant en l’absence d’une figure maternelle « substitut »;
• des parents bien intentionnés mais immatures, incompétents dans la fonction parentale;
• un milieu familial éclaté;
• une mère dépressive, marâtre, surprotectrice, âgée, une trop grande proximité dans la relation amicale avec cette dernière;
• un père qui, aux yeux de l’enfant, apparaît comme passif, désintéressé, méprisant, agressif ou incompétent, ou bien qui décède alors que son fils est encore jeune;
• un frère aîné survalorisé;
• un membre de la famille abuseur;
• être éduqué par des parents homosexuels;
• des confrères de classe et des partenaires de jeux qui humilient l’enfant;
• des expériences initiales désastreuses auprès des jeunes femmes;
• être exposé à la nudité féminine sans une préparation adéquate;
• le fait de demeurer dans un grand centre urbain (facilité d’avoir des contacts anonymes);
• être enfant unique;
• entretenir une personnalité narcissique;
• la fréquentation de sites pornographiques sur Internet;
• la détention prolongée en milieu carcéral unisexué;
• des expériences sexuelles précoces qui déclenchent l’excitation parce qu’elles sont associées aux interdits;
• l’adhésion à un style de vie fondé sur des valeurs libérales.

Toutes ces situations sont susceptibles de produire l’enlisement d’une identité sexuelle « en chantier », non encore parachevée, dans l’homosexualité. Elles risquent aussi de conduire l’enfant vers d’autres tendances sexuelles marginales : le fétichisme, la pédophilie, le transsexualisme, le travestisme, le voyeurisme, la zoophilie, la nécrophilie, l’exhibitionnisme, le nudisme, l’autoérotisme, l’échangisme et le sadomasochisme.

La pulsion sexuelle risque d’érotiser un « substitut paternel », donc une personne de son sexe :

Simon a toujours cru qu’il n’était pas à la hauteur de ce que sont les hommes. Il ne se croyait ni assez fort, ni assez sexué, ni assez performant. Toute sa vie, il a tenté de se faire aimer par un homme, de se faire désirer pour la force de son corps, pour la forme de son pénis, pour ses capacités masculines. Toute sa fantaisie érotique tourne autour du besoin d’être enfin reconnu comme homme par les hommes, que ceux-ci viennent le supplier de les faire jouir. Il croit qu’il n’est pas vraiment un homme, qu’il est déficient, et que seul le désir d’un autre homme peut le réparer. Comment peut-il désirer une femme, lui qui a, croit-il, si peu de masculinité à offrir à la féminité1 ?

À dire vrai, l’homosexualité est ressentie subjectivement de l’une ou l’autre des quatre manières suivantes :

  1. Un sentiment d’incompétence à l’égard de ce corps sexué : quoi en faire? comment l’utiliser de manière appropriée? L’homme éprouve des difficultés à traduire en actes cohérents ce que son corps est fait pour exprimer : la virilité (ou la féminité pour la femme). Cette difficulté s’exprime ainsi : «Je me sens comme si j’étais placé au volant d’un gros camion, sans posséder les compétences ni le permis de conduire appropriés. Je me sens comme un petit garçon dans un corps d’homme2 .»
  2. Un sentiment de confort provenant de l’adoption des comportements de l’autre sexe. La personne ne présente pas un fond de personnalité timide, malhabile ou gêné. Elle apparaît plutôt efféminée lorsqu’il s’agit d’un homme, ou garçonnière lorsqu’il s’agit d’une femme. En clair, l’agir de la personne exprime une maîtrise du vocabulaire corporel d’une identité sexuelle qui ne coïncide pas avec la sienne.
  3. Une vive impression que le respect de certains interdits sociaux est superflu, notamment l’interdit de la similitude sexuelle.
  4. Dans les cas extrêmes, le rejet non seulement de son identité sexuelle objective, mais aussi de son corps qui est la source de cette identité. Il en résulte une tendance vers le transsexualisme ou un désir de changement de sexe.

Il existe plusieurs phénomènes psychiques qui agissent sur la personnalité pour faire dévier l’affectivité vers l’homosexualité masculine ou féminine. Il serait toutefois trop long de les décrire sur ce site . Ils sont abordés dans plusieurs livres qui te sont proposés dans notre section BOUTIQUE. Parmi ces facteurs, on retrouve :

Ce sont les principaux, ceux que l’on rencontre le plus souvent. Gardons en tête que ces facteurs ne sont pas cloisonnés, qu’ils ne se retrouvent jamais à l’état pur dans la personnalité, mais qu’ils se combinent pour créer différentes manières d’être homosexuel.

N.B. Données tirées d’études scientifiques, répertoriées dans l’ouvrage L’homosexualité: les mythes et les faits disponible dans notre section BOUTIQUE

  1. Jules Bureau, L’irrésistible différence : l’homme et la femme, Méridien, Montréal, 1994, p. 19-20. []
  2. Joseph Nicolosi, Reparative Therapy Of Male Homosexuality : A New Clinical Approach, 1997, Jason Aronson inc., p. 5 [notre traduction, comme tous les passages tirés d’ouvrages parus en anglais et cités sur ce site]. []
  3. Originellement créé par le psychanalyste John Bowly, le terme détachement défensif a été appliqué pour la première fois à l’homosexualité par la psychologue Elizabeth R. Moberly. []